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Dieu me déteste, Hollis Seamon

DMD, comprenez Dieu me déteste, est l’histoire d’un jeune cancéreux (Richard Casey) de 17 ans, qui n'est pas du tout sûr de fêter ses 18 ans et qui est à peu prés sûr qu’il n'aura jamais 19 ans.

Dit comme ça, c,’est un peu flippant, non ? Vous vous attendez surement au genre de récit larmoyant qui tombe dans le patho ?

Eh bien, vous avez tout faux.

Richard est hospitalisé dans le service de soins palliatifs de l'hôpital Hilltop à New-York. A son étage, des gens comme lui, plus âgés, sauf Sylvie, une jeune adolescente, qui comme lui aimerait bien connaître l'amour avant de mourir.

Si le sujet peut paraître plombant d'emblée, il n'en est rien, et c'est bien là l'une des étonnantes qualités de ce roman : il parvient à être léger et à donner foi en la vie quand la maladie et la mort inéluctable sont omniprésentes.

Deux adolescents qui mettent toute leur énergie à vivre leurs derniers rêves, à se moquer des règles et du sérieux de leur environnement : on a souvent le sourire aux lèvres.

Les autres  personnages y sont pour beaucoup : l'oncle déjanté, le père de Sylvie dévasté par le chagrin et l'alcool, la mère et la grand-mère de Richard très attachantes chacune dans son genre, Edward, miss Jacobs….

L'auteur mêle bêtises de gamins et gravité de la maladie, et culmine avec une fin métaphorique bien trouvée : une ultime partie de poker bluffante, c'est le cas de le dire.

Un livre paradoxalement léger à lire, qui éclaire sur dix jours de la vie de deux ado condamnés, qui laisse malgré tout un petit goût de tristesse: la littérature peut tout, mais la réalité la rattrape toujours.

Une jolie parenthèse à ne pas manquer.

 

Extrait :

… récemment, ma mère a pris un congé dans ses deux boulots, quand l'expression phase terminale a commencé à fleurir partout dans mon dossier et que soins palliatifs est devenu mon adresse permanente.

 

Il faut que je vous raconte un truc, pour planter le décor. Imaginez un peu ça : pile en face de l'ascenseur qui crache ses passagers dans notre petit service de mourants, il y a une harpiste. Je ne plaisante pas. Juste là, dans le hall, tous les jours de la semaine, cette vieille dame aux cheveux blancs, avec ses longues jupes bizarres, s'assied derrière cet énorme instrument qui sonne faux, et elle joue jusqu'à se mettre le coeur en charpie.

 

C'est une bonne infirmière, Richard. Vraiment une excellente infirmière. Elle en a bavé, et toi tu viens lui rappeler tout ça. Tout le monde a des problèmes, tu sais? Globalement, le monde est pourri et triste à pleurer. Les gens souffrent, tous sans exception. Tu commences à piger, ou alors tu crois toujours que c'est seulement toi, mon vieux ? Qu'il n'y a que toi qui souffres ? Comme si on t'avait choisi ?

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Iri's reading