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D’après une histoire vraie; Delphine de Vigan

Schizophrène ou pas schizophrène ?

Dépressive c’est sûr ! Delphine ne peut plus écrire, elle est en burn out. Elle confie à L. qu’après le succès de son livre précédent, elle n’arrive plus à écrire : c’est le syndrome de la page blanche. Elle ne peut même plus allumer son ordinateur, ne serait-ce que pour répondre à ses mails, ou rédiger son courrier administratif.

Mais qui est L. ?

Une amie, une autre Delphine ?

Elle ou L. lui pompe toute son énergie, l’imite, la remplace, lui donne des conseils, des ordres, prends le contrôle de sa vie…

Elle ou L. se vexe, s’épanche, apparaît, disparaît…

Elle est là pour aider son amie en espérant que Delphine retrouve enfin l’envie d’écrire et lui répète inlassablement que les lecteurs veulent du réel, du « vrai ».

Finira-t-elle par la convaincre?

L'amitié fusionnelle et la redoutable manipulation d'une part, la peur viscérale de l'écriture, la frontière entre le réel et la fiction d'autre part, sont les thèmes que j'ai retenu de ce roman que j’ai lu avec beaucoup de plaisir.

Les dernières pages entremêlent un processus d'emprise, de folie et le rapport de la fiction au réel, donnant une réponse... plutôt sidérante.

Pas de doute, ce roman est une réussite, et il est passionnant !

J’ai refermé le livre avec cette question : L. existe-t-elle ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

D’après une histoire vraie; Delphine de Vigan

Extraits  

L. était une femme de mon âge qui passait sa vie à écrire celle des autres. Elle avait de la littérature une vision extrême, radical, mais une vision que je trouvais riche et dont je pressentais qu’il pouvait être intéressant de débattre, hors affects, c’est à dire hors de mon cas personnel. p.212

C’est cette phrase qui m’a sidérée, cette phrase dans la bouche d’un môme de quinze ans campé dans des Nike qui avaient l’air d’avoir été fabriquées pour marcher sur une autre planète, cette phrase si banale dans son propos mais formulées de manière si singulière : le réel avait des couilles. Le réel était doté d’une volonté, d’une dynamique propre. Le réel était le fruit d’une force supérieure, autrement plus créative,  audacieuse, imaginative que tout ce que nous pouvions inventer.  Le réel était une vaste machination pilotée par un démiurge dont la puissance était inégalable. p 363

Tag(s) : #Iri's reading