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Coll. Le livre de poche, 2018, traduit par Isabelle Chapman

Coll. Le livre de poche, 2018, traduit par Isabelle Chapman

Ma première rencontre avec  Karen Viggers s’est faite avec La mémoire des embruns que j’ai beaucoup aimé. Aussi, c’est avec une certaine avidité que je me suis lancée dans son dernier opus. Imaginez le bush australien, les kangourous, le croassement des corbeaux parmi les rochers, le grondement du vent dans les arbres, les fermes, les pâturages, la sécheresse, les gommiers des montagnes (eucalyptus), la vie croisée d'une jeune thésarde et d'une vielle dame et, vous aurez les ingrédients d'une belle histoire, savamment documentée et très très bien écrite ... pour moi un petit retour vers ce continent où j'ai passè un mois et que j'ai beaucoup aimé, l'Australie ! 

Elsie Muu Muu, Bonnie Connolly, Julie Brumby, Maruku retail, Cultural center, Uluru, 2017

Elsie Muu Muu, Bonnie Connolly, Julie Brumby, Maruku retail, Cultural center, Uluru, 2017

Résumé

Abby, jeune thésarde en biologie étudie la vie des kangourous, elle vit à Canberra, loin de ses montagnes natales de Mansfield.  Daphné, 86 ans a grandi dans les montagnes du bush australien. C'est maintenant une vieille dame qui vit à Queanbeyan avec sa fille et son gendre. Toutes deux ont vécu des épreuves difficiles qui ont forgé leurs caractères. 

Rien ne présuppose une rencontre entre ces deux femmes, et pourtant quand elle se fait, se crée aussitôt une proximité et complicité naturelle. À travers l'histoire de ces deux protagonistes, l'auteure rappelle la triste histoire des aborigènes. A travers une jolie histoire d'amour, quand Abby va rencontrer Cameron, l'auteure raconte l'abattage nécessaire des kangourous pour la survie de l’ecosystème. 

Authentic art, association Waterhole Dreaming, 2017

Authentic art, association Waterhole Dreaming, 2017

Mon avis

Je suis tombée sous le charme de cette balade dans les grands espaces australiens, des forets d’eucalyptus, des prairies où paissent tranquillement les familles de kangourous.

L’écriture est magnifique et j’aime les descriptions de la nature et des émotions. C'est tout en finesse, le vocabulaire est riche et l'histoire est belle, pleine d'humanité et de bons sentiments même si certains passages sont plus difficiles. L'histoire des aborigènes en filigrane est émouvante et décrit bien ce qu'on ressent dés qu'on s'approche des villages et lieux sacrés du Centre Rouge, à savoir une profonde injustice et une tragédie humaine que les australiens contemporains tentent de racheter. 

Je vous invite donc à lire ce superbe voyage dans le bush australien à travers une belle histoire de résilience et d’amitié intergénérationnelle chargée d'émotion.

Le pays vit en vous et vous êtes le pays.

p 468

Extraits 

Tout le monde a besoin d'une mère. Ceux qui en ont une ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont. p. 89

Les tentacules de notre passé se glissent par on ne sait quelles circonvolutions jusqu'au cœur de notre présent, et plus loin encore dans notre avenir. Et il est impossible de revenir en arrière. p 258

J'aime le travail des indigènes. Avec quelle intelligence ils peignent la terre. On croirait qu'ils la voient de haut. Ils savent on ne sait comment à quoi elle ressemble. Les formes du paysage. Et pour eux, cela a des significations tellement poignantes. Les motifs aussi. La façon dont les couleurs bouleversent la surface de la toile, se heurtent, fusionnent. C'est un voyage dans l'espace temps. p 162

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