Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ed. Buchet-Chastel, 2019 (traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné)

Ed. Buchet-Chastel, 2019 (traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné)

Résumé de la page 100

Ce roman est tiré d’une histoire vraie qui s’est passée en Bolivie en 2009.

August Epp, instituteur, de retour dans la petite communauté mennonite de Manitoba va retranscrire « Ce qu’elles disent » lors d’une réunion secrète tenue par 8 femmes, analphabètes, dont Ona Friesen, son amie d’enfance. Elles ont quarante-huit heures pour prendre une décision : comment faut-il réagir face à au retour de ces homme qui ont battu, violenté, violé  femmes et enfants après les avoir endormis avec un puissant anesthésique. Partir, rester et se battre ou ne rien faire, tels sont les choix possibles... On assiste ainsi en direct à leurs réflexions, leurs doutes et leurs espoirs, et on découvre qui est exactement August Epp.

Passionnant !

In https://www.bbc.com/news/stories-48265703

In https://www.bbc.com/news/stories-48265703

Nous sommes tous, quel que soit notre sexe, potentiellement menaçants.

August Epp, page 91

Mon avis

Autant le sujet est intéressant, autant la forme m’a surprise et j’ai eu du mal à adhérer au style d’écriture. Je me suis un peu perdue dans ces 8 femmes mais, une fois passée les 100 premières pages, j’ai accroché et je ne l’ai plus quitté.

Les personnages sont attachants, troublants avec leur franc-parler, leurs croyances médiévales et leurs ignorances dans une société exclusivement patriarcale. Les dialogues sont parfois savoureux.
L’auteure s’est vraiment immiscée dans la vie de cette communauté et j’ai vécu en direct leurs élucubrations. Bien sûr l’histoire est lourde, violente et a suscité chez moi un certain dégoût voire de la nausée mais c’est raconté avec beaucoup de pudeur, pudeur de ces femmes soumises,  résignées et fortes. Roman féministe s’il en est, c’est une vraie histoire de femmes !
Le seul bémol de mon pont de vue, c’est la construction de l’histoire avec des chapitres longs et déséquilibrés.
À peine croyable que ces horreurs puissent exister de nos jours dans la plus totale impunité !

Bien que la lecture ne soit pas facile (les dialogues sont lourds),  il s'agit d'une belle découverte encrée dans la réalité que je recommande.

In. https://www.bbc.com/news/stories-48265703

In. https://www.bbc.com/news/stories-48265703

Extraits

Les femmes de Molotschna ne sortent jamais sans chaussettes blanches, et la règle semble prescrire qu’elles doivent les monter jusqu’à l’ourlet de leur robe. p 35

Nous sommes des femmes sans voix, répond Ona avec calme. Nous sommes des femmes en dehors du temps et l’espace, privées de la langue du pays dans lequel nous vivons. Nous sommes des mennonites apatrides. p 71

Les garçons de treize et quatorze ans sont capables aussi bien de causer de graves préjudices aux filles et aux femmes que de se faire du mal entre eux. C’est un âge impétueux. Ces garçons sont en proie à des pulsions irrépressible, à une exubérance physique et à une intense curiosité qui provoque souvent des blessures, à des émotions débridées, y compris une tendresse et une empathie profonde. p 91

Les mots ne comptent pas, ce n’est qu’un document. Seule la vie compte. La migration, le mouvement, la liberté. Nous voulons protéger nos enfants et nous voulons pouvoir penser ; Nous voulons préserver notre foi. Nous voulons le monde. p 219

Tag(s) : #Iri's reading, #Les explo 2019