In https://www.parismatch.com/Culture/Livres/Lydie-Salvayre-prix-Goncourt-2014-pour-Pas-pleurer-646650
Il y a des liens indémêlables entre l'Histoire et la littérature, avec ce bémol que nous sommes quelques-uns à remarquer : parler du présent, c'est très gênant !
Résumé
Lydie Salvayre est une écrivaine que j’ai eu la chance de rencontrer en avril dernier. Ses parents sont exilés espagnols à la période du franquisme. C’est après avoir lu « Les grands cimetières sous la lune » de George Bernanos qu’elle a découvert la violence inouïe de l’Espagne de cette époque et s’est lancée dans l’écriture de ce récit familial, entre le romanesque et le déjanté, sur fond de guerre d’Espagne.
Pas pleurer est un récit historique qui mêle l’histoire familiale de l’écrivaine et Georges Bernanos pour raconter l’été 1936 en Espagne au moment où éclate la guerre civile. Les deux voix se croisent : celle de Montse, mère de la narratrice qui vit à Barcelone et celle Bernanos, installé à Palma de Majorque.
Deux voix s’entrelacent celle de la mère, Montse et celle de la fille, narratrice...
Mon avis
J’ai beaucoup aimé ce très beau roman, prix Goncourt 2014, de Lydie Salvayre treize ans après sa publication. Grace à ce livre, j’ai redécouvert l’existence du conflit qui opposa les anarchistes (libertaires) et les communistes (staliniens) au début de la Guerre d’Espagne, ainsi que la manière dont chacun tentait de manœuvrer pour gagner les bonnes grâces de la population.
L’écriture de Lydie Salvayre est inimitable et totalement débridée. Même si la lecture peut se révéler parfois compliquée : changements de points de vue, aller-retours entre 1936 et aujourd’hui, et surtout les passages en espagnol ou dans le « fragnol » de Montse, c’est extrêmement bien écrit. Les échanges entre elle et Don Jaime, celui qui va devenir son beau-père, sont savoureux.
L’auteure offre avec ce Goncourt un magnifique récit, non seulement de sa jeunesse mais surtout sur l’histoire de la guerre d’Espagne, l’exil, et le retour aux racines d’une fille de républicains exilés devenue écrivaine reconnue. « On est en Espagne en 1936, la guerre civile est sur le point d’éclater »…
in https://www.sudouest.fr/culture/occitane/nous-avons-traverse-les-pyrenees-a-pied-80-ans-apres-un-espagnol-rouge-raconte-la-retirada-2790388.php
Extraits
Ce que je sais, c’est que Schopenhauer déclara en son temps que la vérole et le nationalisme étaient les deux maux de son siècle, et que si l’on avait depuis longtemps guéri du premier, le deuxième restait incurable. page 76
Hésiode dans Les travaux et les jours avait écrit : « Les dieux ont caché ce qui fait vivre les hommes ». Montse a le sentiment de découvrir à quinze ans la vie qu’on lui avait cachée. page 98
Elle partit le matin du 20 janvier 1939, a pied, avec Lunita dans un landau, et une petite valise noire où elle avait rangé deux draps et des vêtements pour sa fille. Une dizaine de femmes et d’enfants l’accompagnaient. Le petit groupe rejoignit la longue cohorte de ceux qui fuyait l’Espagne, encadrés par la 11eme division de l’armée républicaine. Ce fut ce que, pudiquement, on appela la Retirade. page 218
En cours de lecture
Hildur ; Satu Rämö (2023)
Version numérique Kobo
/image%2F1004074%2F20260704%2Fob_829402_07-lydie-salvayre.jpg)
/image%2F1004074%2F20260704%2Fob_93bbbe_06-bernanos-1938.jpg)
/image%2F1004074%2F20260704%2Fob_6cc914_06-retirada.jpg)
/image%2F1004074%2F20260704%2Fob_98d7fc_06-la-retirada.jpg)