Résumé
Kells, c’est le nom de guerre du jeune Sorj, lorsqu’il quitte Lyon. ll laisse sa mère qui ne l’a jamais câliné et son père qu'il détestait et qu'il appelait l’Autre. Il s’enfuie, ce jeune Kells, vit dans la rue, clochard, sans sou, sans rien, une attestation d’émancipation accordée par son père, un exemplaire de la Nausée de Sartre, et un Corneille de 100 francs et la photo du curé d’Ars. Il résiste de tout son corps, de toute son âme, obstiné à ne pas rentrer la queue basse à Lyon...
Mon avis
Ce douzième roman de Sorj Chalandon, propose une histoire émouvante et violente, davantage témoignage qu’imagination qui se rapproche d’un travail autobiographique. Hélas certains chapitres sont trop dilués, par exemple lorsqu'il s'attarde sur le paysage de son trip, alors qu'il consomme un buvard de LSD... même en diagonale, c’est un peu long !
Avec l'Enragé, Sorj Chalandon fait face à la violence de la maison de correction. Avec Le livre de Kells, il relate la violence de la rue. Mais autant j’ai beaucoup aimé l’Enragé, autant cet opus m’a laissé de côté, et je ne suis pas arrivée à le finir. La 3ème partie m’a perdue !
Servi par un style agréable, une écriture irréprochable, des phrases courtes et rythmées, le Livre de Kells est très bien documenté. Le passage sur le rapport à l'art de Kells m'a particulièrement touchée (de la page 232 à 238). L'auteur clôture peut-être là son histoire auto-biographique !
Bien qu'un peu jeune pour avoir des souvenirs de cette période, ce livre qui m'a perdue et je ne l'ai pas terminé... C'est aussi cela la lecture, accepter de passer à coté !
Mais pleurer devant la beauté ne m'était jamais arrivé. L'œuvre s'appelait "L'enfant malade" et le peintre Eugène Carrière. Le geste du garçonnet m'avait saisi.
Extraits
Mais j’étais fier du sac de Jacques. En toile épaisse, couleur argile, avec des poches à pattes devant et sur les côtés. Un équipement d’explorateur, avec mon duvet roulé sous le rabat. J’y avais entassé quelques vêtements, une gamelle, un verre en plastique, des couverts, une gourde, une lampe, un ouvre-boîte, un couteau à lame bombée, un chapeau de brousse. Et aussi un carnet rouge à couverture de cuir, un portrait du curé d’Ars arraché à mon missel, une photo de Guignol qui était épinglée au-dessus de mon lit, la carte postale que Jacques m’avait envoyée d’Irlande et La Nausée de Sartre, un livre de poche aux tranches couleur capucine. Je partais. Je voulais que tout de moi s’évapore. Que mon souvenir déserte ma chambre d’enfant. Ne rien laisser, ni souffle ni trace. Page 14
Quelques jours plus tard, je suis reparti dans ma nuit, Amalia dans la sienne. Nous étions trop fragiles. Fille violée, garçon battu. Impossible de prendre plus longtemps soin l’un de l’autre. La rue était trop violente pour cacher notre petit amour. page140
Enfant, je n’avais jamais été étreint par l’amour de ma mère. Ni ses bras autour de mon corps, ni ses mains sur ma peau. Jamais non plus je ne m’étais blotti contre elle. page 234
Rose manifestait pour le droit à l’avortement, elle dansait, se maquillait, lâchait des ballons en riant, mais jamais elle n’avait utilisé la violence contre ceux qui agressaient les femmes. Une seule fois, je lui avais proposé de nous suivre et elle avait accepté. Pour voir naitre la terreur dan les yeux d’un salaud. Page 293
En cours de lecture
Dans les brumes de Capelans de Olivier Norek
Editions Michel LAFON (2022)
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