Par ces temps de très grande violence politique et sociale, ça fait du bien de se retrouver avec cette bande de flics tellement sophistiqués.
Résumé
Une femme très belle est assassinée et déposée sur un trottoir de la rue Monsieur Le Prince avec un bouquet d’ancolies comme message, une veste pied-de-poule et un petit sifflet en or. Il pourrait s’agir d’une enquête banale mais tout se complique quand les policiers découvrent une 2eme victime dans une mise en scène identique. Serait-ce une vénération destructrice d’un serial killer ?
Adamsberg et sa brigade nous entraîne dans les bureaux de son commissariat du XIIIᵉ arrondissement…
In https://www.franceinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-un-commissariat-parisien-confine-par-principe-de-precaution-dans-le-13e-arrondissement_3839355.html
Mon avis
Après Quand sort la recluse et Sur la dalle et fidèle lectrice des romans de Fred Vargas, je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant de lire Une unique lueur. C’est la onzième enquête du commissaire Adamsberg, qui comporte tout ce que j’aime chez cette auteure : l’art de la digression, des explications improbables, des rebondissements insensés, les références littéraires, une équipe inchangée. J’ai retrouvé le commissariat du 13ème et son équipe soudée (Danglard, Retancourt, Veyrenc, Froissy, Mordent, et Rivière, le petit nouveau), où chacun et chacune retrouve sa place. J’ai observé la salle du concile, le café préparé avec amour par le brigadier Estalère.
Le style de Fred Vargas, ses jeux de mots, ses idées farfelues font de ce polar un régal. On sourit avec choux blanc, « jonctionneur », banc où on boit uniquement de la bière et davantage de mots assez drôles.
Quant à l’intrigue, vous n’aurez pas l’impression d’avoir déjà lu ailleurs. C’est une histoire d’ovni (objet volant non identifié) qu’il s’agit de transformer en ovi (objet volant identifié). En convoquant Nerval, Lauren Bacall, Bogart et les mythes de l’amour éternel, Fred Vargas construit un roman d’une richesse peu commune. Le titre, emprunté au poème d’El Desdichado, résonne comme une promesse et l’intrigue qu’on voit venir ne laisse pas indifférent ! Bref je me suis promenée dans ce polar entre Paris et Hollywood boulevard, j'ai été happée par l'intrigue et le talent de Fred Vargas. Une unique lueur suffit parfois pour continuer d’avancer !
Bref j’ai aimé, so hang on and go on, suspense garanti ! (Alors, accroche toi et continue !)
Extraits
- Et brusquement et dans ce calme paysage, dit Veyrenc, s’écrase cette météorite ? Comme un ovni venu d’on ne sait où se poser dans sa vie.
- Un ovni qu’elle fréquentait, dit Mercadet.
- Pas tant que cela, précisa Adamsberg, si c’est bien lui qu’elle nomme par ses initiales. Un ovni qu’elle connaissait de loin, qu’elle n’a vu que rarement, et dont elle n’a pas soupçonné la face de fumier volant-non-identifié. Tout le monde s’y colle, c’est à nous de transformer cet ovni en ovi…. page 53
« Le Prince d’Aquitaine à la tour abolie / Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé / Porte le soleil noir de la mélancolie. » Il est peut-être important de dire que Nerval a mis des majuscules à certains noms et qu’il en a souligné d’autres, et parfois les deux. Dans cette strophe, « tour », « étoiles », et « soleil noir ». page 188
C’est cela même, lieutenant, « comme tout le monde ». Comme tout le monde doit se nourrir pour survivre. Comme tout le monde doit pouvoir rêver, imaginer, idéaliser. Otez cela de l’esprit des hommes et ils crèvent comme des mouches. Page 289
En cours de lecture
Autoportrait à l’encre noire ; Lydie Salvayre
Editions Robert Laffont (2026)
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